Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 22:36

Je me réveillais vers 2h30 sur une contraction. C'était classique, je n'étais pas inquiète. Puis je me rendormais tranquillement jusqu'à l'assaut suivant, trois fois de suite. Vers 4h30, alors que je ne m'étais plus rendormie, je trouvais qu'un train de spasfon était de circonstance. Les contractions étaient assez douloureuses et j'avais envie qu'elles passent vite. D'autant qu'il me semblait quand-même que "ça tirait" sur mon col. Alors, je prévenais mon gredin de Loulou que si ça continuait, on était bons pour les urgences une nouvelle fois. Il marmonait en manifestant un certain raz-le-bol de ces trajets nocturnes. Puis j'allais faire mon petit tour au pipiroom et je découvrais un filet de sang... Sans paniquer, on se préparait, on commençait à s'habituer aux entourloupes de DNLT. Je filais sous la douche, petit coup de rasoir pour être proprette à l'examen. On se posait la question de prendre les valises de maternité et on se disait que non, j'allais juste faire un petit sac avec quelques fringues pour une nouvelle hospitalisation. On partait. Les 18 km qui nous séparaient de la maternité me semblaient bien longs. On arrivait à 5h30.

Une sage-femme m'examinait: "col effacé, ouvert à trois". Puis une interne. Puis coup de téléphone à mon Pr., qui se trouvait être de garde en salle cette nuit là. Un premier verdict tombait. Perfusion pour stopper tout ça. Et hospitalisation jusqu'à 34 SA... Mais on me gardait à l'étage des urgences dans ma chambre VIP jusqu'à ce que mon état se stabilise parce que "jusqu'à preuve du contraire, j'étais en travail".

Une demi-heure plus tard, petite visite de mon Pr. qui me rassurait: soit on me gardait jusqu'à 34 SA, soit j'accouchais mais "on n'est pas inquiet pour des bébés comme le vôtre qui a dépassé les 32 SA, eu deux cures de deux injections de corticoïdes chacune et qui naîtrait ici (avec une néonat de niveau 3)".

Puis dans la demi-heure, des contractions toutes les 4 minutes environ, bien douloureuses. Et un nouvel examen du col qui, au lieu de stagner, était désormais à 4. 

Et là, tout s’est emballé. Une SF m’a prévenue que nous partions ne salle de travail, à titre préventif pour commencer. Jusque là, je me disais : « ce n’est pas possible, ce n’est pas encore son jour, la perf. va fonctionner… » Alors à cette annonce, j’ai versé ma petite larme, quand j’ai réalisé que les choses prenaient un tout autre chemin.

En salle, après une nouvelle poche de perfusion, j’étais à 7. On a donc tout stoppé pour laisser le travail se faire.  Tout a été très vite ensuite: installation des sondes, prise de sang, arrivée des anesthésistes, pose de la péri. Et j’étais à 10. La péri n’a pas eu le temps de faire effet. Tout a coup, « ça a poussé » et j’étais prête à tout donner pour que Miniloute ne passe pas trop de temps coincée vers la sortie. Parce qu’évidemment, c’est encore plus traumatisant pour un préma que pour un nouveau né à terme et c’est à éviter fortement. Ca tombait bien, je sentais tout ce qui se passait au niveau du périnée, douleurs incluses, et ça m’a ultra motivée. Elle est sortie sur 5 à 8 contractions en 15 minutes environ. Quand j’ai appris que la tête était là, j’ai passé la 6e vitesse tant j’avais envie qu’elle ne souffre pas et d’en finir avec cette grossesse bien difficile.

Et puis elle est arrivée sur mon ventre, en criant. Un si court moment d’émotion intense le temps que son papa soupe le cordon…et je crois que j’ai regardé moi-même l’heure, il était 10h 44. J’ai dit quelque chose de très simple comme « bonjour bébé » dans une larme de bonheur, puis j’ai savouré ces quelques secondes qui nous étaient offertes.  Je ne pensais même plus à son terme. J’étais simplement heureuse de découvrir mon petit amour.

On m’a demandé son prénom et j’ai prononcé, pour la première fois devant ma mini fille, son  prénom « Alice ».

La SF l’a récupérée, déjà, pour la laisser aux mains des pédiatres. Ils me l’ont ramenée après un premier examen et la pose des appareils de mesure. Pendant deux petites minutes. Malheureusement, j’étais en train de me faire recoudre une petite déchirure, sous anesthésie locale puisque la péri n’était efficace que sur le haut du ventre, ce qui arrive souvent quand elle a été pratiquée trop tard. Et des sensations désagréables m’ont empêchée de profiter de ce second moment de grâce.

Puis, ma petite Alice est montée en néonat. Son papa l’a suivie un peu plus tard pendant que je me reposais en salle d’accouchement et que je repensais à tout ça. Heureusement que j’avais mon nouvel appareil photo dans mon sac à main. Loulou a pu faire les premières prises le jour même.

A 15 heures, j’étais à ses côtés. Je la découvrais enfin d’un peu plus près. Je l’ai contemplée un long moment, ma petite Alice. J’étais un peu inquiète, bien sûr. Mais heureuse, vraiment heureuse d’être enfin maman, sa maman. Alors, je lui ai promis d’être toujours là pour elle et je lui ai dit que sa vie serait belle parce que pleine de tout notre amour.

Par Marion, The future maman
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